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J'aime pas la SNCF

icon 20/01/2013 - 1 commentaire

Cet article a été sauvagement rédigé par Moi
Lors d'un précédent article, nous avons eu l'occasion de parler brièvement de la SNCF et de sa table des Gros Problèmes. Pour ceux qui l'ignorent, la Société Nationale des Crétins1 de Fer est un organisme sensé nous permettre de nous rendre d'un point A à un point B (en passant éventuellement par une série d'autres points numérotés de A1 à An) en un temps t, ce au moyen d'un véhicule appelé "train".
Tout ceci nécessite de se rendre en un lieu appelé "gare" où nous pouvons acquérir de petits bouts de papier (appelés "billets de train") nous autorisant à utiliser le train, toujours, nous devons le rappeler, dans le but précédement exposé.

Jusque-là, rien de très surprenant, je suppose que nous sommes tous au courant de ces états de fait. Il est même probable que la plupart d'entre nous ait eu un jour à utiliser le train, et nous serons tous d'accord pour dire que le schéma suivant en représente l'utilisation initialement attendue :


Hélas, mes bons amis, ceci n'est encore une fois que théorie. Une fois n'est pas coutume, nous avons procédé à une expérience sur le terrain, car chez j-aime-pas.fr nous ne désirons qu'une chose : apporter à nos lecteurs une image vraie et non faussée des sujets que nous abordons. Aussi, pour que la vérité éclate, nous sommes allés interroger un quidam lambda au sortir d'une gare quelconque, dans l'espoir d'obtenir quelques informations à propos du périple accompli.
Après quelques refus, des insultes et un kidnapping, nous avons pu savoir tout ce qui était nécessaire, sans même à avoir à sortir la moindre pince coupante. C'est donc ainsi que nous vous dévoilons ce témoignage brut et sans concessions.

Dites vous voulez vraiment que je lise ce qu'il y a écrit ? Aaah, non rangez cette pince, je vais lire, je vais lire !
Voilà voilà, j'étais tranquillement dans une gare, avec dans l'idée de prendre un train. Je me dirige donc vers une machine pour prendre un billet mais, comme les deux premières sont en panne, je décide donc de prendre part à l'extraordinaire file d'attente. Non parce que, sincèrement, quel plaisir que les files d'attentes, hein ? S'il y a bien une chose que je dois dire à propos de nos sociétés modernes, c'est que ça valait bien la peine d'attendre plusieurs milliers d'années pour enfin pouvoir attendre encore plus longtemps dans les files d'attentes.

 [99% des gens souffrent de névroses, on se demande pourquoi.]
Les joies de la vie en société

Je finis par remonter le torrent humain, tel le saumon en mal d'accouplement, pour acheter mon billet de TER (Transport Express Régionaux, ndlr). D'ailleurs, c'est amusant, parce que les machines ne permettent pas d'acheter d'autres types de billet, obligeant les gens qui ne sont pas au courant à devoir se rendre à un guichet, où les attendent une nouvelle et délectable file d'attente, ou à utiliser le site web de la SNCF, qui a malheureusement été conçu par Attila lui même. Et comme nous le savons tous, les Huns et l'ergonomie, ça fait, ahem... deux.
Bref, tout se passe bien, j'achète mon billet après m'y être repris six fois, car la machine prétend, au choix, que j'ai arraché brutalement ma carte, que ma carte est muette, que ma carte n'est pas supportée ou qu'il n'y a pas de carte. J'imagine qu'il existe aussi une table pour ça.

IdentifiantErreur
[...]
032La carte a été arrachée
033La carte est muette
034La carte est un lapin
[...]

Enfin en possession de mon ticket, j'ai tout le loisir de visiter la gare. Comme disait un ami de ma connaissance, "ça sent l'urine, c'est sale, c'est moche, on se croirait devant un cheeseburger chez Quick". Force m'est de reconnaître qu'il a raison sur les deux tableaux. Je ne sais pas très bien si le problème vient du fait que les gens sont juste dégueulasses ou que le service de nettoyage, s'il existe, manque cruellement d'efficacité.
J'en viens à soupçonner la SNCF d'avoir simplement manqué sa cible en proposant des transports de masse, alors qu'elle aurait sans doute eu un succès bien plus grand en tant que décharge publique. En effet, il semblerait que les gens soient irrésistiblement attirés par les gares lorsqu'il s'agit de se débarasser d'ordures diverses, telles que des emballages, des cannettes ou des machines à laver.


Les gares sont très souvent propres et bien tenues

Dans ce dépotoir ambiant, j'attends tranquillement mon train jusqu'à ce que celui-ci soit annoncé avec un retard de dix minutes environ. J'admire vraiment la SNCF et son incroyable régularité, vous imaginez le travail colossal que représente la mise en retard systématique de chaque train ? Vraiment, une telle organisation tiens du miracle, je n'ose imaginer les rouages complexes d'un tel système qui nous garantit, avec un taux d'erreur infime, qu'un train sur un (c'est à dire 50% du double de la totalité2) arrive et part en retard.
Dans tous les cas, il n'y a pas d'inquiétude à avoir, car les conducteurs de train sont spécialement entraînés pour faire face aux situations extrêmes. Si, par malheur, un train arrivait et partait à l'heure prévue, le réseau prévoit des déviations et des régulateurs de vitesse à 10km/h, voire un système d'arrêt complet du train en pleine voie si l'urgence de la situation l'exige.
Fort heureusement, de tels extrêmes ne seront pas nécessaire aujourd'hui, puisque les dix minutes se transforment peu à peu en vingt, trente puis quarante minutes. A défaut de multiplier les pains, la SNCF multiplie les retards, ce qui n'en est pas moins un miracle moderne qui, lui aussi, marque l'apogée de l'évolution humaine.
Le train finit tout de même par arriver. Je découvre que, dans un souci de non-prévision et de chaos le plus total3, il existe des billets valables toute la journée. Comme il s'agit d'une heure de pointe, la masse d'individu qui s'engouffre dans dans le train est colossale (environ 1fj 4). En un instant, 2000 ans de civilisation disparaissent et je me retrouve à courir en hurlant, valise brandie en misérable parodie de bouclier, en direction de la foule grouillante qui déjà n'arrive plus à se masser à l'intérieur du véhicule trop plein.
Le choc est inévitable, violent et destructeur. Des cris retentissent, l'horreur est partout. Mais c'est la guerre gare, que voulez-vous, il faut bien survivre rentrer chez soi pour voir Ruquier à la télévision.
Je progresse lentement dans la marée humaine, incapable de trouver une place libre. J'aboutis finalement à un container de marchandise vide où quelques réfugiés passagers ont pris place, à même le sol, s'efforcant de rester dignes dans la pénombre qui a au moins le mérite de masquer la crasse. Le train se met alors en marche, nous conduisant vers notre funeste destination. Dans le lointain, un enfant se met pleurer.


Une cabine grand luxe, style Apple

Il s'agit là d'un témoignage poignant de notre otage invité, qui a su parfaitement retranscrire l'horreur viscérale que l'on ressent lorsque l'on doit prendre le train, ce lieu de souffrance moderne où les âmes des damnés errent en attendant le salut, qui, hélas risque fort bien d'être annoncé avec une heure de retard environ.


[1] Quelques alternatives existent, comme Couillons, Cuistres ou Câlins, bien que ce dernier soit plus apparenté à un fétichisme étrange.
[2] Source : Yann Arthus-Bertrand, égogologiste français.
[3] La SNCF finance par ailleurs depuis plusieurs années des recherches scientifiques très poussées ayant pour but de garantir mathématiquement une entropie et des retards maximaux, ce avec une précision des plus remarquables.
[4] Le fj est une nouvelle mesure de débit correspondant à la quantité moyenne de conneries proférées par Frigide Barjot par seconde.

icon Tags de l'article : SNCF, administration, incompétence, transports

J'aime pas les enfants

icon 15/09/2012 - Aucun commentaire

Cet article a été sauvagement rédigé par Moi
Je ne sais pas si vous vous souvenez (à mon avis non parce que de toute façon vous vous en tamponnez la chaussure avec un sonotone) mais lors des débuts de ce blog nous avions un peu parlé des chiens et du mal qu'ils représentaient sur notre pauvre vieille terre.
Aujourd'hui, nous allons discuter un peu d'une autre race d'animaux horribles qui nous pourrissent la vie. Des créatures répugnante, veules et bruyantes sorties d'on ne sait quel gouffre putride des enfers : les enfants.


La vérité sur les enfants.

Je sais qu'avec une telle introduction, la police et les services sociaux enfonceront ma porte dans quinze minutes environ, aussi nous allons devoir faire vite avant que je prennes la fuite et le premier vol vers le Vénézuela. Toutefois, pour ma défense probablement posthume, je citerais W.C Fields en affirmant que quelqu'un qui déteste les chiens et les enfants ne peut pas être complètement mauvais. C'est dit.

J'ai pleinement conscience qu'un grand nombre de gens aiment les enfants et trouvent ça merveilleux. Je tiens à préciser, car il faut bien remplir notre quota d'amalgames osés, qu'il y a aussi des gens qui aiment les chiens, la scientologie, le surnaturel et/ou Christine Boutin. Chacun est libre de ses goûts et, même si ceux-ci relèvent de la psychiatrie, nous n'avons pas à les juger et à les critiquer.
Cela étant dit, nous le ferons quand même car ce blog a été conçu uniquement dans ce but. C'est moche, je sais, mais l'idée d'origine n'est pas de moi, je n'ai été qu'un parasite bileux s'engouffrant dans la brèche avec pour seul espoir la possibilité de cracher mon venin et vomir mon fiel à la face du monde car, après tout, pourquoi serait-ce le seul apanage de Nadine Morano ?

Les enfants, donc. Nous remarquons de prime abord qu'il existe deux types de personnes : celles qui ont eu des enfants et celles qui n'en ont pas eu. On remarque que les secondes sont nettement plus enclines à aimer ça tandis que la première catégorie est mitigée. De même, hommes et femmes n'ont pas forcément la même vision de la chose. Idem pour les membres de certaines religions, mais comme ils n'ont pas d'âmes, ils ne comptent pas et feront sans doute un jour l'objet d'un autre article qui ne manquera pas d'en agacer plus d'un.

Objectivement, un enfant en bas âge se compose d'environ 33% de cris, 33% de bave et de vomissures diverses et 33% de couches sales. Ne nous leurrons pas, il y en a à qui ça plaît et même si c'est triste, nous ne devons pas oublier qu'ils restent des êtres humains qui peuvent encore être soignés. Par ailleurs, les plus observateurs d'entre vous se seront exclamés, avec une juste éloquence : "hé, con, ça ferait pas 99% ?". A ces intellects supérieurs, je répondrais que oui, le pourcentage restant varie d'un enfant à un autre, mais se résume généralement à de la malévolence pure. C'est un peu comme le principe de la matière noire, sauf que celle-ci ne sent pas très bon.


Ceci est un enfant. Si vous n'êtes pas d'accord avec cela alors il est temps de consulter.

D'ailleurs, c'est toujours amusant d'observer les jeunes parents. On peut distinguer plusieurs phases :

1. Avant accouchement : c'est l'époque de la béatitude niaise. Tout est merveilleux, tout est extraordinaire, la vie est belle, bla bla bla. Finalement, c'est un peu comme pour une publicité Microsoft, on s'attend à quelque chose d'incroyable alors qu'il faudrait se préparer à être déçu.
2. Pendant l'accouchement : c'est le moment où l'un des conjoint maudit l'autre et se jure qu'on ne l'y reprendra plus.
3. Après l'accouchement, à l'hopital : et voilà le retour de la béatitude. Oh qu'il est beau, oh qu'il est rigolo, oh qu'il est splendide (ou, parfois, "oh qu'il est moche, on dirait son père"). Toute la famille est là.
4. Après l'accouchement : bébé ne fait pas trop ses nuits et ça fait six semaines que papa et maman ne dorment plus. C'est tout de suite nettement moins rigolo, on aurait mieux fait de se casser une jambe.

Le pire c'est que ce n'est que le début. Bébé va grandir, être joueur et turbulent, renverser ses gaufres nutella-chantilly sur de pauvres inconnus, passer dans une phase amusante dans laquelle il vous reprochera tous les maux de la terre pour enfin se stabiliser en aggrégat informe et puant ; l'adulte. Bien entendu vous vous saignerez aux quatre veines pour lui payer une éducation potable mais de toute façon il finira pompiste ou caissière à Auchan car pour avoir un bon travail il ne faut pas naître chez n'importe qui. N'est pas président de l'EPAD qui veut, tout de même.
Enfin, une fois conjoint trouvée, il vous laissera à votre sort et mènera sa petite vie remplie de factures, d'heures sup' non payées, de responsabilités parentales, de malbouffe et de télévision. Tout cela jusqu'au jour où on lui annoncera que vous lui laissez un héritage misérable au regard de toute une vie de labeur, après quoi il dansera sur votre tombe. C'est le cycle de la vie.


Manuel a fait la Sorbonne mais n'avait pas le bon nom de famille. Ca ira mieux la prochaine fois.

Un truc que je trouve extraordinaire avec les enfants c'est leur égo. Les parents passent leur temps à leur dire qu'ils sont uniques pour que finalement la société leur fasse remarquer qu'ils ne sont que des anonymes parmi tant d'autres sur une planète misérable.
Le pire c'est que l'enfant y croit et cherche toujours à attirer votre attention alors que, soyons sérieux, vous vous en foutez complétement de savoir qu'aujourd'hui il a joué à on ne sait quelle idiotie ou qu'il a fait Kapoué®.


L'unicité, un travail à la chaîne.

Tiens, en parlant de famille, c'est toujours très amusant d'observer la réaction de certains individus en présence de jeunes enfants. Ces personnes, qu'elles soient avocats, experts-comptables ou huissiers de justice, deviennent toutes subitement gâteuses comme si la proximité d'un enfant leur avait fait perdre toute forme de dignité. C'est un déluge de jeux idiots, de grimaces et d'avilissements divers juste pour arracher à bébé un ricanement vibrant et suraigu.
D'ailleurs c'est plutôt humiliant qu'une créature dont l'intelligence dépasse à peine celle d'une huitre vous trouve malgré tout suffisamment pitoyable pour en rire. A votre place, je ne sais pas, j'aurais honte.


Lorsqu'il s'agit de faire rire bébé, même les plus sérieux n'hésitent pas à se ridiculiser avec des grimaces idiotes. Enfin, parfois on n'est plus à ça près.

Même chose lorsqu'il s'agit d'amener bébé à accomplir une tâche spécifique. J'ai toujours été admiratif devant les trésors d'imagination dont peuvent faire les adultes lorsqu'il s'agit de chercher à convaincre une créature qui de toute façon n'est régie que par des mécanismes primitifs. Je ne peux d'ailleurs jamais m'empêcher de réfléchir à ce que ça donnerait dans la vie réelle. Peut-être que le monde serait plus poétique avec un soupçon de cette infantile fantaisie.
Tenez, tentons l'exercice en direct avec un cas classique : le coup de l'avion pour faire manger sa soupe à bébé. Transposons cette situation commune dans notre univers concret :

- Tour de contrôle, ouvrez les portes.
- Aguuuuuuuh.
- Ouvrez les portes, tour de contrôle !
- Glubug gabou.
- Aaaaah !

"Boum".

Mouais. Non, finalement ce serait le bordel.


icon Tags de l'article : animal, bébé, enfant, horrible, saleté

Speed Grrr n°2 : Le saviez vous ?

icon 19/04/2012 - 1 commentaire

Cet article a été sauvagement rédigé par Moi
Le saviez-vous : Si les designers de chez Super U arrêtaient de faire des bombes de déodorant et de mousse à raser identiques, 71% des français pourraient partir au travail sans avoir à changer deux fois de chemise le matin.


icon Tags de l'article : SpeedGrrr

J'aime pas les fractures

icon 30/05/2011 - Aucun commentaire

Cet article a été sauvagement rédigé par Lui
Troisième vidéo du triptyque expérimental ...





Le pain de mie est-il un bon constituant pour les gilets pare-balles ?
Les marteaux sont-ils la solution aux problèmes d'obésité ?
Quel est le rapport entre un sucre et une main ?
Le maïs rend-il idiot ?



icon Tags de l'article : pare-balle, science

J'aime pas les transports parisiens

icon 14/05/2011 - Aucun commentaire

Cet article a été sauvagement rédigé par Moi
Il y a longtemps j'avais évoqué mon aversion pour les transports en commun. A l'époque, je vivais dans le sud de la France et je trouvais que la situation des transports en commun était déjà pas mal gratinée. Depuis, je suis venu vivre dans notre chère capitale et je dois dire que j'ai revu l'ensemble de mes considérations à ce sujet, car qu'y a t'il de pire que des transports en commun ? Des transports en communs parisiens1.

Le Métro : La Nef des Fous

Avant toute chose, je pense qu'il serait judicieux de parler brièvement de l'histoire du métro de Paris, ou Métropolitain. Il faut savoir que la première ligne a été mise en service lors de l'Exposition Universelle de 1900 et a été appelée, c'est sans doute la seule forme de logique du réseau, la ligne 1.
Très vite, le réseau s'est densifié jusqu'à ce que nous connaissons aujourd'hui, à savoir 16 lignes de métro couvrant une distance totale de 214 kilomètres et transportant environ 3,9 millions de personnes par jour.

On va, évidemment, dire que je suis une mauvaise langue (mais c'est quand même un peu aussi le but de ce blog, vous ferais-je remarquer) car au vu de ces chiffres, on pourrait croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Détrompez-vous toutefois, le métro est un véritable enfer à plusieurs niveaux.

La première fois que je suis arrivé devant une bouche de métro toute décorée de fer forgé (le genre Art Nouveau), je ne m'attendais pas du tout à me trouver, quelques marches plus tard, dans des souterrains sales, délabrés, maculés de publicité et disposés n'importe comment.
Franchement, j'ai eu l'impression de me trouver dans un métro d'ex-URSS. Les tunnels sont parfois très sombres car les lumières sont globalement inefficaces, les murs de briquettes céramique sont sales et gravement abimés par endroits, toutes les zones sont saturées de publicité, les plans sont affichés sur des murs courbes (comme si c'était pas déjà assez c***** à lire), l'aération est inexistante, etc. C'est incroyable, j'ai eu l'impression de me trouver projeté dans les années 70-80.
Le pire c'est que, depuis, je suis tombé sur un article de Géo Mag. qui traitait du métro de Moscou. Il est absolument magnifique, ce qui prouve que les plus en retard ne sont pas ceux qu'on croit.


Métro de Paris (à gauche) et métro de Moscou (à droite)

Accéder au métro est un parcours du combattant. Prenons une ville comme Montpellier qui compte au bas mot 250 000 habitants et un réseau de transport public constitué de tramways et de bus uniquement. Pour chaque arrêt de tramways, deux guichets automatiques sont utilisables. Par contre, pour les deux millions (2 000 000) d'habitants de Paris, chaque arrêt de métro compte un guichet automatique et un guichet vente/information nécessitant une présence humaine. Comment voulez-vous donc qu'il n'y ait pas des files d'attente de trois kilomètres, sans même parler d'heure de pointe ?

Une fois en possession des tickets (vous pouvez aussi acheter des passes, qui eux se rechargent au travers de guichets automatiques spéciaux disponibles en plus grand nombre) vous passez ces rontudjuu de portes exigües. Celles-ci sont constituées de deux parties destinées à générer un maximum de mécontentement. Tout d'abord, ces trois tiges qui forment un triangle grossier qui tourne sur lui même d'un tiers de cercle puis cette porte à la noix que l'on se prend dans la tronche alors qu'on se débat avec le bazar précédent. Evidemment, une fois passée, la porte se referme violemment sur la figure de la personne qui vous suit.


Dessin industriel représentant le mécanisme (à gauche) et modélisation de l'effet final (à droite)

Venons-en aux rames en elles-mêmes. Celles-ci ne semblent pas avoir été rénovées depuis l'Exposition Universelle et sont restées les gros cubes de métal grossièrement riveté qu'elles ont toujours été. A l'intérieur, tout à l'air usé jusqu'à la corde comme si l'on s'était contenté de passer un coup de chiffon par-ci par-là au lieu d'entamer une véritable rénovation.
Ensuite, au niveau informatif, les indications orales sont extrêmement rares et vous devez faire preuve d'une vigilance de tous les instants pour ne pas manquer votre arrêt. En effet, il n'y a pas d'affichage automatique comme on a l'habitude d'en voir un peu partout (franchement, un panneau à LED ça ne coûte rien, on peut même en fabriquer soi-même pour pas cher...).

Qui plus est, on dirait que les 3,9 millions de personnes quotidiennes n'arrivent qu'aux heures de pointe. Ca tourne très vite à l'apocalypse.

Logistique générale

D'un point de vue logistique, là je crois qu'on touche le fond.
Lorsque vous êtes dans un bus, vous ne pouvez pas acheter un carnet de dix tickets. Pour cela vous devez vous rendre forcément au guichet d'une gare ou d'une station... Non seulement, donc, vous êtes obligé d'acheter un ticket unique (qui coûte plus cher à l'unité qu'un ticket issu d'un carnet de dix) mais en plus il y a une chance sur deux pour que le chauffeur n'accepte que les pièces ! Ca dépend de l'heure, paraît-il... pourquoi pas du biorythme des pingouins tant qu'on y est ?


Attention, ce soir la lune est gibbeuse et les bus ne prennent que les pièces

Vous devez savoir que la région parisienne est découpée en zones numérotées de 1 à 6. Aussi, lorsque vous validez un ticket vous n'êtes en règle que dans la zone où vous vous trouvez : pour chaque zone que vous traversez, vous devez valider un ticket. Notez que pour aller de Paris à Versailles, vous traversez quatre zones et que vous devez donc valider autant de tickets... ça peut rapidement devenir cher si vous vivez en banlieue.

J'ai évoqué plus haut l'existence d'un passe qui permettait de se passer des tickets moyennant un abonnement : le passe Navigo. Malheureusement, l'obtention de ce passe est un merdier sans nom, ce pour plusieurs raisons. Pour l'obtenir dans une agence vous devez disposer d'une pièce d'identité sur laquelle est inscrite une adresse en région parisienne. Attention, je n'ai pas dit "il vous faut une adresse en région parisienne" mais "il vous faut une pièce d'identité sur laquelle est inscrite une adresse en région parisienne". En gros, donc, si vous venez d'emménager, vous devez refaire vos papiers d'identité. Du grand art.
Fort heureusement, il y a deux solutions à ce problème :

  • Vous faites une demande pour obtenir votre passe Navigo par Internet et vous le recevez trois semaines plus tard (alors que vous l'obtenez sur le champ en agence, là je dis bravo)
  • Vous achetez directement un passe Navigo Découverte, accessible à tous pour 5€. La différence avec le vrai passe ? Aucune si ce n'est que l'on ne vous remboursera pas votre abonnement si vous perdez votre passe. Bref, le passe Navigo normal est TOTALEMENT inutile sauf si vous êtes un bordélique sans nom (ou que vous disposez d'une pièce d'identité appropriée)

Globalement, l'existence de ce passe aurait pu être une bonne chose s'il n'avait pas été soumis au régime de zone. Eh oui, votre passe est restreint à une combinaison de zone que vous choisissez lorsque vous le faites faire. Bien entendu, au plus votre passe couvre de zone, au plus l'abonnement sera monstrueusement coûteux.
Ce fameux passe se recharge à la semaine ou au mois. N'importe quelle personne un tant soit peu sensée aurait considéré une semaine comme étant un lot de 7 jours à compter de l'instant où le passe est rechargé. Ben non.
Vous ne rêvez pas, si vous rechargez votre passe le mercredi, l'abonnement expirera quand même le dimanche suivant ! Et au mois c'est pareil, si vous rechargez au 15 du mois, votre passe ne sera valable qu'un demi-mois ! En gros, vous êtes obligé de recharger votre passe le 1er du mois ou le lundi de chaque semaine si vous ne voulez pas vous faire enfler... C'EST DU FOUTAGE DE GUEULE !


Moi, apprenant le fonctionnement du passe Navigo

Si, en plus, vous ne sortez pas de votre zone lorsque vous vous déplacez, même le moins cher des abonnements sera plus onéreux que les tickets, ce même si vous prenez le bus deux fois par jour ouvré !

Conclusion

Je ne vous parlerais même pas des bus qui "oublient" de s'arrêter à votre arrêt et que vous forcez à stopper en vous jetant sous leurs roues, ni des chauffeurs qui se tapent la pause cigarette alors qu'ils arrivent avec dix minutes de retard, ni des endroits qui ne sont desservis qu'en semaine ou que le weekend (pratique !).

Je n'ai jamais, au grand jamais, vu un réseau de transports aussi obsolescent. La région parisienne a cinquante ans de retard par rapport à des villes comme Toulouse, Marseille ou Lyon. C'est hallucinant de constater la nullité crasse dont peuvent faire preuve les différents organismes qui interviennent dans la gestion de ce réseau, surtout avec un budget aussi important. Mince quoi, Paris est la capitale du pays et en cela elle devrait être une référence au niveau des services publics et non pas une gigantesque pompe à fric mal huilée.

Franz Kafka a laissé derrière lui une œuvre vaste, caractérisée par une atmosphère cauchemardesque, sinistre, où la bureaucratie et la société impersonnelle ont de plus en plus de prise sur l'individu. Mais jusqu'où serait-il allé s'il avait connu les transports parisiens ? La double question reste en suspens.


[1] Cette constatation peut être généralisée à peu près à tous les domaines (immobilier parisien, supermarché parisien, autochtone parisien, etc.). N'oublions jamais, par ailleurs, que l'Elysée est à Paris.

icon Tags de l'article : paris, transports, ville

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